La vallée des Aldudes par les crêtes

20 septembre 2018

La vallée des Aldudes par les crêtes

Randonnée Anglet Accueille

Guide : Richard

Participants (10) : Richard, Jakes R, Jakes L, Maïté, Anne-Marie L, Jacques P, Léon, Félix, Margari, Chantal


Abraku, Itxauz et Urrixka : la vallée des Aldudes par les crêtes.

Pour cette dernière randonnée de l'été, nous longerons la Vallée des Aldudes par le haut en parcourant les crêtes qui suivent la ligne frontalière entre les cols de Berdaritz et d'Itxauz ; nous ferons également l'ascension de 3 petits sommets. Départ d'Anglet à 7h45, démarrage de la rando à 9h05 depuis la place de l'église des Aldudes (373m). L'itinéraire nous mène d'abord au col de Berdaritz (10h, 691m) après avoir profité d'une superbe perspective sur la vallée avec ses 3 villages (Les Aldudes, Urepel et Eznazu). Cheminant désormais sur les crêtes qui chevauchent la frontière, nous empruntons le sentier balisé (GRT 5, traits rouges et blancs) en contournant l'Urrixka par l'Est (versant français) puis débouchons au Col de Pago Zelhay (897m). Quelques haltes devant les cromlechs et dolmens avec les commentaires éclairés de Jakes ponctuent notre marche. L'Abraku se dresse devant nous, nous prenons de suite à gauche le sentier (versant espagnol) qui nous permet de contourner la crête rocheuse du sommet. Le tracé au sol de cette section n'est pas évident, mais sans problème dans notre progression puisqu' elle a fait l'objet d'une reconnaissance par certains d'entre nous (avec recours au GPS pour vérifier les positions). Huit randonneurs du groupe effectuent l'aller retour sur la crête rocheuse pour faire l'ascension du sommet de l'Abraku (11h40, 1007m). Il fait beau, les paysages sont somptueux et la bonne humeur générale règne parmi nous. Passage au col d'Abraku (B.F 112), on suit la large crête plane, traversons le bois puis remontons la combe herbeuse vers le NE, débouchant ainsi au col d'Itxauz. Le sommet de l'Itxauz (1024m) est tout proche, nous suivons sa pente débonnaire direction SE et l'atteignons à 12h50. Panorama immense que beaucoup redécouvrent depuis ce belvédère inédit. Retour sur nos pas jusqu'à la B.F 111 où 3 d'entre nous avaient préféré s'arrêter. Retour par le même itinéraire. Au niveau du col de Pago Zelhay le groupe se scinde en deux : certains accompagnés par Jakes contournent l'Urrixka par l'Est comme ce matin, les plus courageux en font l'ascension avec Richard (sommet à exactement 1000m d'altitude). Nous nous arrêtons au bord de la crête pour goûter un moment de silence et nous imprégner de la sérénité qui se dégage de cette magnifique vue qui s'offre à nos yeux...L'ensemble du groupe se rejoint au col de Berdaritz, il n'y a pas d'ombre et les rayons du soleil de l'après-midi sont ardents (29°C). Nous pressons un moment le pas pour retrouver le bois où il fait meilleur. Arrivée aux voitures à 16h30 : qu'il est bon d'ôter les chaussures et libérer les pieds échauffés par la dernière section goudronnée et pentue ! Partage du verre de l'amitié au bar restaurant en face de l'église des Aldudes.

Commentaires de Jakes à propos des monuments préhistoriques :
"La longue crête qui domine la vallée des Aldudes et Saint-Etienne-de-Baigorri allant du pic Antxola au pic Ixterbegi sert de pâturages d’été (les estives) pour les troupeaux de cette vallée mais aussi pour la vallée du Baztan et ce depuis des millénaires comme en témoignent les très nombreux monuments mégalithiques (dolmens, cromlechs, tumulus et menhirs) parsemant cette crête. Certains de ces monuments ont été l’objet de fouilles archéologiques (auxquelles j’ai participé durant 15 ans) sous la direction du Docteur Blot chef de fouilles. Ces fouilles de cromlechs ont permis la datation au carbone 14, lorsque cela fut possible. Ces monuments sont peu visibles en été car très souvent occultés par la végétation envahissante et de plus assez abimés par le temps, le piétinement du bétail, le colluvionnement habituel, les cromlechs ne sont visibles qu’en hiver, les dolmens - plutôt petits de taille - recouverts par les fougères également invisibles ainsi que les menhirs couchés ; sur notre parcours nous avons croisés (sans les voir) 3 dolmens et 1 cromlech dans la forêt d’Urrixka, 3 dolmens au col de Pago Zelhaia, 4 dolmens au col d’Abraku. En continuant le parcours de crêtes vers le Sud et le long de la barrière du Quintoa les monuments sont très nombreux et très visibles car en pleine estive. Il faut remarquer que les menhirs sont tous couchés et sans doute jamais érigés auparavant, ils portent tous des traces d’épannelage (taille) pratiquées par l’homme préhistorique et servaient de borne de pâturages pour les vallées du Baztan et des Aldudes délimitant les estives mais surtout les points d’eau assez rares dans ce sol rocailleux, c’est sur ces pierres couchées qu’étaient conclus et renouvelés chaque année (depuis des millénaires) les accords entre les vallées pour le partage des estives et des points d’eau afin de permettre leur exploitation en bonne entente et limiter les conflits ; plus tard dans la période historique ces accords verbaux devinrent écrits mais perdurèrent sur ces pierres dont le traité de la Pierre-Saint-Martin le 14 juillet entre la vallée du Roncal (Navarre)et celle du Barétous (Béarn) perpétue l’usage chaque année. Et c’est pourquoi on trouve le long de la chaîne des Pyrénées des pierres spécifiques sur lesquelles étaient signés les traités de pacage sous différents vocables (Table de Lizaraga dans la forêt de Sare, Pierre-Saint-Martin au-dessus de la station éponyme, col de la Peyrre Saint-Martin au fond du val d’Azun etc…). "

Météo : magnifique journée, ciel prafaitement clair, très léger vent intermittent de SW sur les crêtes. Températures estivales : 18°C au départ jusqu'à 29°C dans l'après-midi.

Dénivelé positif total : 1005m

Distance parcourue : 16,5Km

Temps de marche : 6h30

 

Copyright © RB64